L’oeil du cyclone (txt)
On est des mômes au départ, on dérape vers l’âge adulte
Les parents comme armature quand ton passé te catapulte
Et que ton avenir est un mur de briques, j’allume un briquet
Embrase la rue imbibée d’eau d’vie avant qu’on m’en sépare
Trop impliqué pour tej’ la viette-ser
Plus que le nécessaire dans le cortex, cœur et tripes
Pour cortège, fidèle à mon contexte mais ses leurres j’évite
C’est l’heure d’annexer les vestiaires de l’adversaire
Moi je n’ai peur que d’être un abattu du vécu
Loin des fantasmes adolescents pour qui connaît la nature de ces rues
Laideur, fracture de serrure, dangereux scrutins
C’est l’infâme dans le pur qui à tant d’hommes a donné sens
On est tous hantés par des échecs donc des remords
Y a aucun mérite à gagner, le tout c’est d’battre des records
Du moins, pas stagner quand l’monde avance
Y a des pentes à arpenter, difficulté que l’nombre évince
En plein dans l’œil du cyclone, autour il y a la tempête
Le deuil est latent, peut-être qu’il a senti la tendresse
En plein dans l’œil du cyclone, la vie n’est pas une grande quête
Ni une terre de vacances et quand le temps s’perd
En plein dans l’œil du cyclone, entends l’stress
Tu meurs ? La place est vacante, rendez-vous en enfer
Le deuil du cyclope est un mythe, un transfert
Dis toi qu’ici on t’oublie aussi vite qu’on t’enterre
Tu sais, bien sûr qu’on est plus forts ensemble
Aussi sûr que le destrier conçoit sa liberté sans sangle
Fissures sanglantes, brèches, hommes qui pèchent
Prières qui crèchent dans l’zef, là où on te laisse crier
Et puis franchement, que valent les pansements
Sur une plaie béante, quand le plus petit problème
Te marche dessus avec un pied d’géant, le défi t’observe
Pas la rue, mais son regard reste à l’affût
J’suis pas ici pour faire la morale aux gosses, ni les abrutir
Faut qu’ils sachent que le feu brûle même en cas d’abus d’cire
Et qu’être fébrile ne sera jamais pire
Qu’être un fier con skyzophréno-amnésique t’sais…
J’ai jamais lâché ça pour attiser les flammes
C’est pour mes années gâchées que j’ai baptisé « mes drames »
J’dois pas être assez fâché, j’garde l’asphalte assez loin d’moi
Car sinon c’est tout tracé un mort et pas d’témoins, quoi