Des ménages (txt)
Les horizons sont tellement différents
Ca va des familles sédentaires jusqu’à la troupe de juifs errants
Un môme a la vie stable dirait qu’un ange l’a béni
Beaucoup d’autres ont vu le diable tirer, ça les raffermit
Tu penses, beaucoup dansent au clair d’une lune livide
Si la vie est un livre, faut croire qu’elle se lit vite
Beaucoup trop bâclée, pas d’souci du détail
Les beaufs aiment raquer la maille pour des gosses thaï
Traités comme du bétail
Zoom sur l’occident, beaucoup naissent par accident
Les dites prouesses d’un connard qu’a pas tenu sa promesse
Les mots blessent, surtout quand on te dit qu’ta mère t’a gardé par noblesse
Merde le petit est désormais un incident, dissident
C’est décidé il quittera la maison dès qu’il verra l’amour décéder
Le mépris est là pour, nan ? pourtant les clichés s’accumulent
Des spots TV mytho disant qu’le bonheur ça pullule
Quand j’observe le monde, j’vois que très peu d’beauté
Donc même une seule seconde peut tenir une éternité
Ces moments d’joie souvent entre les bras d’Morphée
Eveillé on déclare forfait selon l’ménage qu’on a
Concrètement j’ai connu peu d’chaumières heureuses
Souvent les pères chôment et les mères tout le temps se creusent
Il fait hyper chaud sur les terres arides de l’enfer
Plein sont avides de mouvement, même les plus indolents, frère
Y’a les riches consumés par leur routine stérile
Plein d’médocs dans l’placard et deux trois mômes puérils
Ou les ex-obèses qui maintenant baisent, succombent au cool-al
Les anciens démons lâchent pas prise, ils ont la poigne de Conan
Il lui agrippe le poignet et la bat jusqu’au sang
Jusqu’au jour où elle le butera mais ça il en est pas conscient
Différents quotients intellectuels chez les élèves
Les arrivistes donc y arrivent vite et les lésés rêvent
Y’a tout type de ménages, familles nombreuses ou à trois
Beaucoup tombent au frais de l’hiver, les faits divers s’accroissent
Car les horizons sont tellement différents
Ca va des familles sédentaires jusqu’à la troupe de juifs errants
En c’qui m’concerne, j’ai pas mal bougé
J’en ai les cernes d’ailleurs et toujours pas le budget
Vu qu’j'ai plus l’âge de penser large genre le ciel n’a pas d’limite
J’me fais une raison, pas une vie que les copies pâles imitent
Homme de l’ombre, ou plutôt l’ombre elle-même
Introvertie dans la peine, et regarde où elle mène
C’est pas du rap de pleurnichard mais d’gars aigri
On m’a dit si t’es dépassé dans c’cas écris
Pas d’journal intime où j’place un énième tome
Faut qu’tout l’monde s’en imprègne pour guérir d’mes symptômes
Si mes textes sont à la couleur de c’que j’broie
Et que j’me vexe car je sers souvent que d’proie
C’est justement pour gerber toute peine et misère
Car quand les mots germent j’suis out pendant des heures
Mon horizon est tellement différent
J’ai pas eu d’famille sédentaire, je suis ce petit juif errant