Dernières publications

Des Ménages, déménage… Get it ?

2. Des ménages

Lorsqu’on me demande “pourquoi -Dreyf- comme pseudo ?” je réponds souvent : “c’est en référence à ma culture et à mes racines, le côté injustice autour de l’affaire Dreyfus qui évoque le côté revendicatif du Rap et je trouvais que ça sonnait bien”. Mais plus j’y pense, plus je me dis que y a une petite part de provoc’ là dedans. Une petite hein, on va pas jouer les rebels pour du vent. Les gens qui me connaissent bien s’étonnent de ce choix parfois, parce que je suis tout sauf croyant et que  ”Dreyf” c’est quand même bien connoté, bien qu’il ne s’agîsse pas d’une référence religieuse à la base.

Mais en tout cas, dans Des ménages, qui est un peu le morceau via lequel les gens m’ont découverts, je me définit en tant que “juif errant”. Le sample du morceau Le Métèque de Moustaki qu’on a placé en intro au morceau en remet une couche.

“Avec ma gueule de métèque, de juif errant, de pâtre grec”, dit-il.

Etant né d’une mère juive tunisienne et d’un père grec chrétien orthodoxe, je trouvais cette mesure parfaite pour introduire le morceau et surtout, pour me présenter au “monde”. Le terme “errant” aussi est important, parce que si je “représente” aucun département, ville, ou pays dans ma musique, c’est bien parce que je suis rarement resté plus de deux ans quelque part.

Donc Des ménages est à la fois un témoignage de cet aspect de ma vie (que je compte développer davantage sur mon premier album à venir), une référence à mes origines, et puis relativiser le tout en parlant de différents “ménages”, styles et modes de vie que j’ai pu voir, personne que j’ai pu rencontrer… Autant de choses qui ont certainement influencé la personne que je suis devenu et les choix que j’ai pu faire.

Son D’Automne, le morceau.

1. Son d’automne

En attendant de retrouver toutes les paroles du EP quelque part sur un disque dur pour les mettre à votre disposition, je voulais dire deux, trois mots sur chacun des morceaux qui composent Son D’Automne. Je ferais sûrement pareil d’ici quelques mois pour SPSA (pour celui-là, les paroles sont déjà disponibles).

Il s’agît donc de l’intro du disque. Je voulais balayer un peu tous les thèmes du EP, condenser l’état d’esprit du projet pour qu’on cerne un peu le truc dès le départ. Bon, je pense que vous l’avez compris ; le EP était “intimiste”, “feutré”, “mélancolique”… C’était un peu les termes qui revenaient dans les chroniques faites autour du projet. Mais déjà à l’époque (j’ai commencé à écrire Son D’Automne quand j’avais à peu près 17 ans) j’étais assez allergique au côté pleurnichard du Rap français. Pour éviter ça, j’avais dis à Defré Baccara : “t’as pas un son un peu enjoué, limite printanier pour contrebalancer un peu le propos ?”

Et il m’a filé exactement ça. J’avais écrit, et la première version du morceau existait. Et oui, la version sur le CD est un remix. Enfin pas tout a fait. Faudrait que je retrouve la première version du morceau, même si elle n’a jamais été mixée. En tout cas, un jour Defré vient me voir et me dit : “Dreyf, j’ai fais un nouveau son qui défonce, faut absolument que tu le mettes sur le EP.” quelques minutes plus tard j’écoute ce qui sera la prod def’ de Son d’automne, le morceau.

Peut-être parce que j’ai jamais été un grand auditeur de “Rap-jazzy”, mais j’avais jamais entendu une prod Hip Hop qui sonnait aussi Jazz. J’adorais le côté très dynamique, festif, “à l’ancienne” du son et j’ai décidé de reposer mon texte dessus. Avec le recul, c’était une erreur de débutant. Oui la prod défonce, mais elle était beaucoup plus rapide dans son tempo que la prod originale sur laquelle j’avais écrit. Moi maintenant j’y connais rien à l’époque aux “tempo”, “BPM”, tout ça, donc j’essaie tant bien que mal de caser tous mes mots dans les “mesures” (encore un mot que je commençais à peine à comprendre). Du coup pour moi le résultat est brouillon, et je crois que c’est mon plus grand regret sur ce projet. Rien de ouf hein, beaucoup ont aimés le côté spontané/pêchu du morceau et c’est tant mieux. Mais moi j’aime le Rap quand c’est un peu plus précis, plus maîtrisé, un peu moins “jeune”.

Chronique sur “Rap R&B”

DREYF CONTRE-ATTAQUE

Après un EP en 2005 (Son D’Automne), le rappeur parisien Dreyf revient avec un street-album, Same Player Shoot Again, riche en ambiances et en invités (Nakk, Larsen, Delta d’Expression Direkt …). Loin de faire « du rap de gars aigri », Dreyf est venu le poing serré et le cerveau plein. Et il rappe son envie de revanche sur des productions de Lartizan (le très bon Blues de Nerverland), Le Roumain ou Skeezo. Mais ce sont ses morceaux avec son producteur fétiche Catharsis, qui retiennent l’attention. Spécialement le bonus track Comme dans un coin du Bronx où il fait avec pudeur le récit des errances de son adolescence sur un sample d’Aznavour (!). Alliant technique et émotion, ce très beau titre semble annoncer la direction artistique du 1er album « officiel » de Dreyf. On patiente donc avec ce street-cd super abouti en guise de luxueux apéritif.

Son D’Automne, en libre téléchargement !

Pochette Son D'Automne

Pas que ce soit particulièrement difficile à trouver aujourd’hui sur le net, mais autant que ce site serve à faciliter la tâche. Donc voilà, Son D’Automne, ma première vraie trace discographique qui date de 2005, en téléchargement libre dans la séction Sons.

J’en profite pour remercier Félix Le Masne, créateur de feu-Utopie MusiQ (label sous lequel le EP est sorti) qui s’était vraiment tappé à mes côtés pour que le projet vive au maximum et dans les meilleures conditions, bien qu’on avait peu de moyens et encore moins de connexions.

Bref, enjoy !

Circa Diem

Dans un monde parfait, on aurait beaucoup plus parlé de l’album du groupe Circa Diem. Nemo (responsable des trois dernières tueries sur lesquelles j’ai freestylé sur mes maux de gorge) produit et rappe aux côtés de Misto, Polo qui chante également et Came, chanteuse du groupe. Ca, c’est le noyau dur. Mais l’album est parsemé de musiciens en tout genre et aussi de la participation d’un DJ.

Que l’album soit une tuerie, c’est indéniable, des prods, aux textes, en passant par les flows oscillants entre corrects et vraiment opérationnels (le morceau Wake Up notamment est un bon exemple de ce côté là). En plus d’avoir eu l’honneur de le mixer, le groupe m’a convié pour que je rappe sur deux morceaux, les voici :

- Ensemble

- Sourire à son prédateur

Ecoutez cet album si c’est pas déjà fais, c’est un voyage à 10€ pour quiconque n’a pas pû partir cet été.

Bugs Bunny, Michael Jordan & le Rap commercial

1997. J’ai 12 ans, un truc comme ça. Sort un film qui avait tout pour me plaire : fan de cartoons, de NBA et de Rap j’étais. A l’époque ma mère travaillait dans un centre comercial, magasin de prêt-à-porter. Je finissais mes cours tant mal que pire (mon plus grand regret !), je fonceais à son travail, et je demandais quelques pièces pour aller au cinéma. Béni soit la carte UGC Illimité au passage, je lui dédierais sûrement un morceau un jour.

J’ai dû aller voir Space Jam 4 ou 5 fois en salle, j’étais complètement subjugué. Oui, je vous parle d’un temps où les moins de 16 ans étaient encore innoncents et n’avaient pas de skyblog (ni Internet d’ailleurs). Et comme je suis dans un trip Pixar en c’moment, je me demande comment ce truc a dû vieillir. Mais les prémices de l’homme monomaniaque que je suis devenu n’est pas le vrai sujet de cette missive. Le vrai sujet c’est ça :

Ca, c’est considéré, dans l’absolu, comme du “Rap commercial”. Personne ne pouvait échapper à ce clip, il tournait tout le temps, à n’importe quelle heure de la journée. En retombant dessus par le plus grand des hazare ce matin je me suis rendu compte de quelques trucs. Déjà les rappeurs “commerciaux” (notez les guillemets à chaque fois) aux états-unis, sont aussi à 90% les meilleurs rappeurs des états-unis. Ensuite que Coolio et LL Cool J sont des putains de MC et on ne le dit pas assez. Et surtout que c’est possible de faire partie des rappeurs les plus médiatisés d’un pays, tout en fesant partie des MEILLEURS. Autrement dit, en France, on a du boulot.

Alors ouais y a nos rappeurs préférés qu’on jamais percés à grande échelle comme ils auraient dû, blablabla, n’empêche que B Real, Coolio, Meth’, LL Cool J et Busta Rhymes font MAL sur ce morceau. Une leçon même. Allez remise en question time, je pars préparer mon album.

Clip – Golden Gun

Bon ok c’est pas vraiment un “clip”, mais elle me fait marrer cette petite vidéo/”teaser”. Que dire de Golden Gun si ce n’est que Tee Bow des Fratellos devait être sous quelques chose de sympathique quand il a pondu cette prod. C’est un peu l’ovni de SPSA musicalement ce beat, je kif.

Tour de Babel, VOSTFR.

 

 A la demande de Boobto et de quelques autres, j’ai traduis les couplets en hébreu de mon morceau Tour de Babel. C’est une traduction littérale, donc ça ne va pas forcément rimer ni être très joli à la lecture, mais ça a le mérite de faire en sorte que vous comprenniez le morceau dans son intégralité.

Je crois qu’on a oublié ce que c’est que d’être humains
Nous tous, les hommes comme les femmes
Chantons ensemble le chant de la descente aux enfers
A l’heure où la peur de l’avenir dépasse l’entendement
En lutte constamment et surtout contre nous-même
Nous avons fermés les yeux mais pas en guise de repos
Chacun d’entre nous est spécial
Mais chacun pense qu’il existe par le biais de son peuple, dommage
C’est le genre d’hommes qu’on est devenu avec le temps
Nos lendemains, un voyage, la ceinture attachée sans sa boucle
Alors à quoi bon ? pourquoi même combattre ?
Pourquoi somme nous prêt à mourir pour des territoirs ?
Hein ? alors la situation se réchauffe
Quoi de neuf dis moi ? Elle brûle depuis la nuit des temps
Je ne me formalise pas trop
On appel ça la vie, je l’ai très vite compris
 
On se divise en peuples, qui se divisent en ethnies
Qui se divisent en couleurs et en quartiers
Qui se divisent en maisons et en familles
A force de division la collision est inévitable
Et au final la division devient une forme de soustraction
Et tout ce qui reste c’est la mort et le désastre
Tout dépend de nous, dépend de nous

Liberez la bête… Vite !

Je viens de tomber sur ça. Et je vois pas plus d’engouement que ça autour de l’annonce officielle du deuxième album d’une des meilleure MC française. Concrètement, Tragédie d’une trajectoire doit être un des dernier album Rap français que j’ai saigné, Chez moi un des derniers classiques de cette musique. Le morceau où on se sent tous un peu antillais l’espace de 5, 6 minutes. Et puis merde ce teaser défonce. Je serai sûrement à la Fnac des Halles ou de La Défense Janvier 2010, et vous ?

Le pourquoi de la pochette “SPSA” ?

Certaines personnes m’ont demandé, comment passe-t-on de ça à ça ? Ben très simplement mes amis. Moi ce que j’aime bien, c’est qu’une pochette reflète le contenu d’un disque. SPSA étant un projet moins intimiste/plus démonstratif que mon premier EP, je voulais une pochette qui tranche radicalement avec ce que m’avait fait Omen Graphizm sur Son D’Automne.


J’ai donc contacté Koria pour plusieurs raisons. Déjà, dans la mouvance « hyperréalisme » je lui trouvais des qualités que pour moi les autres n’avaient pas. Sa gestion et choix de couleurs, le naturel de la retouche, le choix des typographies et puis ce petit supplément d’âme qu’il peut y avoir sur des pochettes comme celle-ci ou encore celle là, et d’autres encore… Bref pour son goût esthétique et son talent.


Alors comment en est-on arrivés à cette pochette là précisément ?


- Déjà avec Koria, on était d’accord pour partir sur un truc clair et aéré, construire le visuel autour d’un fond blanc. Un peu dans l’esprit de cette pochette qu’on avait tous les deux bien kiffé. Je regardais les bacs de Rap français, toutes les pochettes ou presque se ressemblaient. Sombres, oppressantes, retouchées à mort, une angoisse. Personnellement j’aime bien les couleurs chaudes et vives, et je trouvais que l’ambiance musicale de SPSA s’y prêtait. J’ai donc opté pour du orange en seconde couleur principale. L’espèce de vert kaki est venu à la fin, en testant un peu divers couleurs… A la base il était question de mettre du bleu clair mais je trouvais que ça tranchait trop.


- Pour la typo, RAS. J’ai vraiment laissé carte blanche et je crois que la première proposition de Koria est celle qu’on a gardée. De mémoire, on s’est un peu pris la tête sur la disposition du “VOL.1″, mais rien qu’on n’a pas réglé en quelques tentatives. Ah et mention spéciale aux lettres “O”, qui avec le point au centre ressemblent à des cibles, je crois que c’était pas spécialement voulu mais c’est sympa vu le titre du projet.


- Ensuite je voulais qu’on voie ma tête. Bon, narcissisme pur pour le coup, pas de grand concept derrière. L’idée de me voir sous trois angles différents est là pour appuyer le côté « multi facettes » de ma musique, comme j’aime à le dire souvent.


- Arrive la vraie question : on image quoi ? “Dreyf”, “Same Player Shoot Again Vol.1″ ou “Un Nouvel Espoir” ? Il fallait choisir. Comme l’idée est de faire plusieurs volumes de ces SPSA en parallèle à mes albums, je me suis dis que ce serait bien d’opter pour une idée qui soit déclinable. “Same player shoot again” ça vient du monde des flippers, et je ne voulais pas que ce soit l’identité visuelle du projet parce que ça ne le reflèterait pas. J’ai surtout choisi ce titre pour dire “on prend la même formule, et on recommence”. Alors je me suis dis : “pourquoi ne pas prendre des références qu’on peut trouver dans mes textes et les imager sur la pochette, ça donnera un côté visuel de flipper sans que ce soit trop connoté non plus, et c’est carrément déclinable”. Donc voilà, la Delorean et les Nike de Marty McFly, les photos de Yitzhak Rabbin, Ahmed Shah Massoud, Rosa Parks et Mahatma Gandhi, le casque de Darth Vader, les golden gun de James Bond, des comics et une paire d’enceintes. Pour la dame de cœur et le valet de pic un peu effacé derrière, c’est un clin d’œil à mon morceau “Elle Rêvait”.

Voilà je crois que vous savez à peu prêt tout sur le pourquoi du comment ! Plus qu’à remercier Koria, qui je pense se souviendra à jamais du coup de la bague.