
Rassurez-vous, dreyf.com ne se transforme pas en blog de chroniques ciné/musique, je n’en ai ni l’envie ni le talent journalistique. Par contre, le ciné, c’est une grosse part de ce qui va m’inspirer à écrire des morceaux et récemment, j’ai reçu une grosse dose d’inspi dans la gueule.

En quelques mots, c’est l’adaptation d’un bouquin de Cormac McCarthy (le mec qu’a écrit No country for old men, qui a aussi été adapté en film, par les frères Cohen). La planète est morte depuis maintenant dix ans, on ne sait pas trop pourquoi, guerre nucléaire, catastrophe climatique, en tout cas c’est pas la joie. La plupart des survivants sont devenus des barbares sanguinnaires. Imaginez le Soudan en 2009, à échelle planétaire et sans le soleil. Raffles, meurtres, viols et cannibalisme sont monnaie courante. Un père et son fils avancent sans réel but si ce n’est celui de survivre et de “porter le feu”. On va y revenir.
Il y a deux choses dans ce film qui m’ont fait cogiter. Un peu comme pour District 9, j’ai trouvé ça flippant de crédibilité dans la fiction. Je me suis dis tout du long “si ça devait arriver, y a de fortes chances pour que ça se passe exactement comme ça”. Ensuite je me suis posé une autre question : “est-ce que moi, je porterais le feu ?”
Parce qu’on s’imagine tous géniaux face à l’adversité, héroïques, la veuve, l’orphelin, ok. Mais franchement ? C’est une question à laquelle je ne pourrai pas répondre. Exemple : on est tous plus ou moins au courant de ce qui se passe un peu partout dans le monde, on est très peu à en avoir franchement quelque chose à foutre. On aimerait bien hein. Mais je connais personne qui est parti faire de l’humanitaire au Darfour récemment.
C’est sûrement pour ça que je fais très peu de “politique” dans mes morceaux. Parler des tibétains avec un tant soit peu d’intégrité, dans un studio que j’ai payé 20€ après avoir tappé un grec à 5€ juste avant de rentrer chez moi allumer ma X-Box, j’y arrive difficilement. Chacun mène sa barque du mieux qu’il peut, pas de procès d’intention ici, le truc c’est simplement d’être cohérent avec les choix de vie qu’on fait.
En tout cas j’espère porter le feu, propager la bonté même si c’est désuet et que l’on vit dans un monde où ce genre de déclaration peut sembler cul-cul et naïve. Surtout, je ne pense pas avoir besoin d’attendre l’apocalypse pour le faire, La route c’est juste une caricature exacerbée du monde dans lequel on vit, une version de ce que pourrai être notre réalité. Mais une caricature ne fait qu’exagérer les traits d’une chose qui existe déjà.
“So, do you carry the fire ?”
P.S. Non, tous les films ne me mettent pas dans un état pareil, je vous rassure.