UGC, MK2 & moi (semaine du 07 Déc 09)

Dreyf & sa carte UGC

Rassurez-vous, dreyf.com ne se transforme pas en blog de chroniques ciné/musique, je n’en ai ni l’envie ni le talent journalistique. Par contre, le ciné, c’est une grosse part de ce qui va m’inspirer à écrire des morceaux et récemment, j’ai reçu une grosse dose d’inspi dans la gueule.

En quelques mots, c’est l’adaptation d’un bouquin de Cormac McCarthy (le mec qu’a écrit No country for old men, qui a aussi été adapté en film, par les frères Cohen). La planète est morte depuis maintenant dix ans, on ne sait pas trop pourquoi, guerre nucléaire, catastrophe climatique, en tout cas c’est pas la joie. La plupart des survivants sont devenus des barbares sanguinnaires. Imaginez le Soudan en 2009, à échelle planétaire et sans le soleil. Raffles, meurtres, viols et cannibalisme sont monnaie courante. Un père et son fils avancent sans réel but si ce n’est celui de survivre et de “porter le feu”. On va y revenir. 

Il y a deux choses dans ce film qui m’ont fait cogiter. Un peu comme pour District 9, j’ai trouvé ça flippant de crédibilité dans la fiction. Je me suis dis tout du long “si ça devait arriver, y a de fortes chances pour que ça se passe exactement comme ça”. Ensuite je me suis posé une autre question : “est-ce que moi, je porterais le feu ?”

Parce qu’on s’imagine tous géniaux face à l’adversité, héroïques, la veuve, l’orphelin, ok. Mais franchement ? C’est une question à laquelle je ne pourrai pas répondre. Exemple : on est tous plus ou moins au courant de ce qui se passe un peu partout dans le monde, on est très peu à en avoir franchement quelque chose à foutre. On aimerait bien hein. Mais je connais personne qui est parti faire de l’humanitaire au Darfour récemment.

C’est sûrement pour ça que je fais très peu de “politique” dans mes morceaux. Parler des tibétains avec un tant soit peu d’intégrité, dans un studio que j’ai payé 20€ après avoir tappé un grec à 5€ juste avant de rentrer chez moi allumer ma X-Box, j’y arrive difficilement. Chacun mène sa barque du mieux qu’il peut, pas de procès d’intention ici, le truc c’est simplement d’être cohérent avec les choix de vie qu’on fait.

En tout cas j’espère porter le feu, propager la bonté même si c’est désuet et que l’on vit dans un monde où ce genre de déclaration peut sembler cul-cul et naïve. Surtout, je ne pense pas avoir besoin d’attendre l’apocalypse pour le faire, La route c’est juste une caricature exacerbée du monde dans lequel on vit, une version de ce que pourrai être notre réalité. Mais une caricature ne fait qu’exagérer les traits d’une chose qui existe déjà.

“So, do you carry the fire ?”

P.S. Non, tous les films ne me mettent pas dans un état pareil, je vous rassure.

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6 Commentaires »

 
  • boobto dit :

    putain faut que j’aille le voir, je me suis refait “no country for old men” pas plus tard qu’hier d’ailleurs, toujours aussi bon

  • Dreyf dit :

    Faut que je le revois NCFOM, j’étais mal luné le jour où j’y suis allé et je m’étais un peu fais ièch’… Mais on me répète que c’est génial, donc a refaire je suppose !

  • boobto dit :

    bon j’ai été voir le film hier et je le trouve loin d’être génial quand même, je pense que c’est parce que j’ai lu le livre avant.
    Si tu peux lire le livre, je te le conseille, après vu que t’as déjà maté le film ça risque de ne pas avoir le même impact mais bon…

  • Dreyf dit :

    Sans parler du fait que j’ai beaucoup aimé pour plusieurs raisons qu’on pourra évoquer si je passe un jour à Nancy, c’est surtout ce que ça a soulevé en moi comme sentiments et réflexions que je retiens, à échelle humaine (et artistique dans un second temps). c’est surtout sur ça que j’ai voulu centrer ce billet. Après j’imagine bien que c’est moins bien que le livre, c’est souvent le cas.

  • boobto dit :

    justement, ces sentiments sont vraiment amplifiés à la lecture du livre, c’est pour ça que j’aime pas trop le film. En fait dans le livre le gosse parait plus jeune je trouve, plus naif, et tu sens qu’au fil de l’histoire un fossé se creuse entre eux petit à petit et que le gosse comprend de moins en moins les actes de son père…

    Et franchement je te ré-invite à voir no country, parce que tu devrais théoriquement avoir le même genre de sensations et de questionnements à la fin.

    Après je ne remets pas en question l’effet que ce film a pu avoir sur toi de par sa qualité. Je trouve que l’adaptation est pas géniale, je critique pas le film en soit, mais rapport au livre. Y a notament des scènes hardcores qui ont été enlevées dans le film, la fin aussi a été modifié, justement pour contenter le téléspectateur je pense, enfin je t’en dit pas plus si jamais tu lis le livre…

  • aircoba dit :

    Concernant “La Route”, j’ai trouvé le livre magistral de bout en bout. Une fois passé le cap des “et”. Pour l’adaptation, j’ai trouvé que le mec s’en sortait super bien. Parce que franchement la qualité première du livre, ça reste quand même son auteur. Je suis en train de lire un autre de ses bouquins en ce moment, il pourrait raconter n’importe quoi, une histoire banale et ça serait quand même génial. Le plus important, c’est que je m’arrête pour lire 3 fois le même passage.

    Et très franchement, j’ai lu ça aussi ailleurs mais je vois pas en quoi le bouquin (je reviens à “La Route”) diffère du film (à part quelques flashbacks superflus, notamment lorsqu’elle joue du piano). Il est resté on ne peut plus fidèle au bouquin. La fin est quasi identique. Rien ne diffère. SPOILER SPOILER SPOILER SPOILER SPOILER. Ok y’avait pas de chien et pas d’enfants. Il a enjolivé un peu le truc. Mais sinon c’est exactement la même, non ? Dans le livre, il se retrouve face à face avec ce gars, il lui fait confiance et il retrouve une famille avec un père et une mère. Et rien ne nous dit qu’il n’y a pas d’enfants… En ce sens, il trahit en rien la fin du bouquin. Enfin, j’ai trouvé l’adaptation très fidèle de bout en bout.

 

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